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jeudi 27 août 2015

Vengeance par procuration (♥♥♥) écrit par Mary Jane Clark - Editions L'Archipel

Titre: Vengeance par procuration
Auteur: Mary Jane Clark
Genre: Thriller
Nombre de pages: 330
Date de sortie: 01/07/2015
Prix support papier: 21€00
Prix format numérique: 14€99
ISBN: 9782809817065
Editions: L'Archipel
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Synopsis:
Tuxedo Park, un havre de paix où vivent des personnes fortunées, une enclave protégée à quelque quarante kilomètres au nord de Manhattan.
Dans leur somptueuse propriété récemment restaurée, Valentine et Vincent Wheelock, un couple influent – elle fut gouverneur d’État puis ambassadrice des États-Unis en Italie, lui son éminence grise –, donnent une réception, à laquelle participe Eliza Blake, la présentatrice vedette de Key News, chaîne de télévision new-yorkaise.
Au cours de la soirée, stupeur ! Vincent se donne la mort de manière spectaculaire. Comment expliquer un tel geste ? Et, surtout, que cache son suicide ?
Rapidement, Eliza découvre qu’avant de se donner la mort Vincent avait laissé une série d’énigmes en forme de puzzle, dont elle devra rassembler les pièces pour démêler une affaire surgie du passé.
Mais un tueur rôde, et la vie d’Eliza est menacée…


Mon avis:
Je remercie les Editions L'Archipel pour cette lecture ainsi que l'agence LP Conseils pour leur confiance.

Ma notation:

Est-ce que je vous recommande ce roman:
Oui

Informations:
Ce roman contient 1 prologue, 151 chapitres répartis en 10 parties et 1 épilogue.

Mes ressentis:
L'histoire se déroule sur 10 jours, elle commence le dimanche 4 octobre et se termine le mardi 13 octobre (d'où les 10 parties, 1 partie = 1 jour). L'auteure plante son décor assez rapidement, nous faisons la connaissance des personnages principaux et des lieux dès le premier chapitre. Tout de suite, une mort mystérieuse a lieu et toute l'histoire est basée sur cette mort. Pourquoi Vincent Wheelock a-t-il mis fin à ses jours lors d'une soirée mondaine qui se passe à son domicile ? Un décès soudain qui laisse les invités sous le choc et la police perplexe.
Eliza Blake, journaliste, était présente sur les lieux du drame ce soir là, elle a eu le culot de prendre quelques clichés de la scène macabre avec son téléphone portable et aussi inattendu que cela puisse paraître, elle va découvrir en zoomant les photos un indice de taille, une indication qui va la mener dans une espèce de chasse au trésor afin de découvrir la vérité sur ce terrible suicide.
Évidemment, l'histoire se complique puisqu'une personne qui joue un rôle particulier dans cette affaire va éliminer tous les gens qui cherchent à connaître le fin mot de l'histoire.
Un roman mené par la très pointilleuse plume de Mary Jane Clark, Vengeance par procuration est intéressant, car chaque personnage a le profil du parfait suspect. Je me suis creusée les méninges pour essayer de deviner qui pouvait manipuler les protagonistes telles des marionnettes et j'ai trouvé, mais pas très longtemps avant la révélation finale, je n'ai donc pas trop de mérite, mais pour une fois que je trouve l'identité du "méchant" avant que l'auteure ne me le livre, je suis contente !
J'ai apprécié découvrir la plume de MJ. Clark que je ne connaissais pas. Mary Jane Clark a un petit quelque chose d'Agatha Christie, elle sait comment faire durer le suspense et comment rendre chacun de ses personnages suspicieux.
Lors de ma lecture, je me suis aperçue que ce roman est le troisième tome d'une série, même si cela ne pose aucun souci pour l'apprécier et le comprendre, car ils se lisent tous indépendamment. Du coup, je me suis procurée les deux premiers tomes qui s'intitulent : Quand se lève le jour et L’Été de toutes les peurs - si j'ai bien compris, nous retrouvons les mêmes personnages, notamment Éliza et sa fille qui sont toutes les deux misent en avant dans le T2. Je vous en dirai plus dès que je les aurai lus.
Pour finir sur Vengeance par procuration, c'est un roman à suspense sympathique, ce n'est pas un livre que je vous conseille expressément, mais si vous avez l'occasion de le lire, allez-y.

Pour conclure:
Une lecture qui m'a plu pour son histoire, pour son suspense, mais aussi grâce à la plume de l'auteure Mary Jane Clarke que j'ai trouvé sympathique. J'ai aimé l'intrigue, j'ai aimé la complexité des personnages, j'ai aimé décortiquer les indices laissés par Vincent Wheelock et comprendre les faits qui l'ont mené à se donner la mort. J'ai aimé les passages en italique où je me suis retrouvée dans la tête d'un personnage énigmatique aux mauvaises intentions.
Le livre est ni trop long, ni trop court, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer, j'ai trouvé l'histoire bien rythmée et plutôt prenante. J'ai apprécié l’atmosphère parfois oppressante, parfois stressante et j'ai aimé avancer dans cette lecture pleine de surprises.
Comme vous pouvez le voir Mary Jane Clark m'a conquise avec sa plume et sa petite touche à la Agatha Christie. Je me suis procurée deux autres de ses romans et je m'y plongerai prochainement avec grand plaisir.
*Angélique*

Extrait:
Prologue
Quelques heures après le début… La pleine lune éclairait l’intérieur de la serre. Il tira un immense pot en terre cuite vers le centre de la pièce et s’assit contre lui, sur le sol froid. Alors, il enleva ses chaussures, puis ses chaussettes. Afin que la reconstitution fût parfaite, il lui aurait fallu de larges clous et une lance – mais il devrait se contenter du couteau de chasse. Il s’en empara de la main droite et plia les genoux contre son torse, de telle manière que ses pieds soient le plus près possible du reste de son corps. Il posa la pointe du couteau sur son pied gauche, ferma les yeux et appuya d’un coup sec. Il émit un gémissement sourd en retirant la lame de ses chairs meurtries. Puis il répéta l’opération avec son pied droit. Pendant ce temps, il essayait de faire refluer de son esprit l’atroce douleur, ne voulant se concentrer que sur les conséquences positives de son acte. Il ouvrit ensuite sa paume gauche et y planta la lame, qui s’introduisit au milieu de sa ligne de vie. Il lui fallait agir vite, ne sachant pas avec quelle rapidité le sang s’écoulerait de son corps. Sa main gauche meurtrie prit le couteau, qui s’enfonça dans sa main droite. Il ne lui restait plus qu’un ultime geste à accomplir…
DIMANCHE 4 OCTOBRE
*1*
— Tu es très jolie, maman. Eliza regarda dans le miroir le reflet de sa fille qui se tenait derrière elle dans la salle de bains. Janie portait sa tenue de football. L’une de ses genouillères pendouillait le long de sa cheville, ses genoux étaient couverts de boue et ses cheveux bruns s’échappaient de sa queue-de-cheval. La fillette avait encore les joues rosies d’avoir tant couru sur
le terrain. Eliza se retourna, s’agenouilla et déposa un baiser sur le front de sa fille de sept ans.
— Merci, ma chérie.
Eliza résista à la tentation de prendre Janie dans ses bras et de l’enlacer. La serrer très fort contre elle, comme pour empêcher qu’elles soient de nouveau séparées, était devenu pour elle une urgence. Trois mois après l’enlèvement de sa fille unique, Eliza se réveillait encore en sursaut au milieu de la nuit, le corps couvert d’une sueur glacée. Elle avait été à deux doigts de perdre son bien le plus pré- cieux, le centre de son existence, cette fille qui n’avait pas connu son père décédé de manière tragique peu de temps avant sa naissance.
— Je veux venir avec toi, dit Janie.
— J’aimerais, moi aussi. Mais tu sais bien que c’est impossible, ma chérie. C’est une soirée entre adultes. Il n’y aura pas d’enfants.
— Je suis sûre que Valentina et Vincent voudraient que je vienne. Ils m’aiment bien. Et quand on est allé chez eux, la dernière fois, ils ont dit que je pouvais revenir quand je voulais, insista Janie.
Eliza fi t face au miroir et prit un tube de mascara.
— Je sais, ma chérie, mais tu auras d’autres occasions de retourner chez eux. Et puis tu te souviens de ce petit cottage que nous avons loué près de chez les Wheelock ? Je récupère les clés cette semaine. Je suis certaine que tu auras l’occasion d’aller rendre visite à Vincent et Valentina quand nous irons passer nos week-ends là-bas. Les yeux de Janie se mirent à briller.
— On ira dans la maison aux oiseaux ? s’enquit la fillette.
— Ça s’appelle une volière, rectifia sa mère. Mais je crois bien que ça va pouvoir s’arranger.
— Tu sais qu’ils ont un oiseau qui parle.
— Un perroquet ?
— Oui, c’est Vincent qui me l’a montré. Il peut répéter n’importe quoi.
— Vraiment ? s’exclama Eliza en se mettant du rouge aux lèvres.
— Il peut dire soleil, air, et même raisin. Il adore manger du raisin, paraît-il. C’est Vincent qui me l’a dit.
— Il faudra que tu me fasses voir ça. Sa déception passée, Janie suivit sa mère dans sa chambre. Eliza sortit son coffret à bijoux du coffre mural.
— Qu’est-ce que tu me conseilles ? demanda Eliza à sa fille, qui s’était assise à côté d’elle sur le lit. Les perles ou les grenats ?
Janie étudia la question avec sérieux avant de donner son avis.
— Les grenats. Ils sont de la même couleur que ta robe.
— Très bon choix, approuva Eliza, qui fixa les pierres à ses oreilles.
Elle rangea ensuite le coffret, enfila ses escarpins et jeta un dernier coup d’œil dans le miroir en pied.
— C’est quoi cette fête chez les Wheelock, maman ? C’est un anniversaire ? demanda Janie tandis qu’elles gagnaient le rez-de-chaussée.
— Pas vraiment, lui répondit Eliza. C’est une soirée en l’honneur de saint François d’Assise, dont c’est aujourd’hui la fête.
— Et tu vas lui apporter un cadeau ? Eliza partit dans un éclat de rire.
— Mais non, ma puce. Saint François d’Assise est mort depuis bien longtemps.
— Pourquoi alors organiser cette fête ?
— En hommage à son action. Saint François a toujours été un homme d’une bonté infinie, aussi bien envers son prochain qu’envers les animaux. Il a toujours fait ce qu’il fallait pour répandre le bien autour de lui. C’est pourquoi il est le saint patron de l’Italie. C’est là que Valentina et Vincent ont eu connaissance de son existence. Et, depuis, ils lui portent une dévotion toute particulière.
— Et les gens organisaient déjà des fêtes pour lui quand il était vivant ? s’enquit Janie.
— Non, je ne crois pas, ma chérie, répliqua Eliza en souriant. Je crois même qu’il les aurait plutôt fuies.
— Mais pourquoi ? C’est dommage, non ?
— Je ne pense pas. Saint François d’Assise aimait la simplicité, la nature et les animaux. Il voulait que les disciples qui le suivent respectent ses principes, vivent d’une manière simple et harmonieuse, se préoccupent de leur prochain, du salut de leur âme… Il prônait le repentir. Je pense même qu’il aurait jugé ces fêtes bien trop frivoles.
— Ça veut dire quoi frivole ? demanda la fillette en fronçant les sourcils.
— Superflu, futile, inutile… Quelque chose qui n’est pas essentiel. Janie eut une moue dubitative, le temps de digérer l’information.
— Mais quand on organise une fête pour mon anniversaire, ce n’est pas frivole ! C’est même très important…
— Bien sûr, ma chérie. À ton âge, oui. Mais tu verras qu’en grandissant on se passerait bien parfois de fêter son anniversaire ! Je sais que c’est difficile à croire… Et puis, au-delà de ces considérations, je pense que saint François aurait préféré que l’argent dépensé pour cette soirée soit redistribué aux pauvres. Tandis que Janie méditait les paroles de sa mère, cette dernière se rapprocha de la fenêtre et vit une nouvelle voiture passer au ralenti devant leur maison. Depuis l’enlèvement de Janie, leur lieu de résidence attirait les curieux.
Voir où habitait une femme célèbre, dont le kidnapping de sa fille avait fait la une des médias, était en quelque sorte devenu un lieu de pèlerinage pour bon nombre de voyeurs en mal de sensations.
Eliza détestait ce qu’elle considérait comme une intrusion dans sa vie privée. Planter une haie de thuyas serait bien un rempart contre les regards indiscrets, mais cela n’empêcherait en rien la ronde des badauds… Depuis le drame, elle avait été contrainte de louer les services d’une société de protection privée pour surveiller les alentours de sa maison. La voiture dans l’allée la rassurait. Elle savait qu’à l’intérieur un garde armé veillait sur elles. De même que la rassurait le fait que la police municipale ait augmenté la fréquence de ses patrouilles. Mais, malgré toutes ces mesures, Eliza n’ignorait pas que la sécurité de sa fille n’était pas garantie à cent pour cent. Et il lui fallait désormais vivre avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête…
— Madame Garcia, lança Eliza au moment où elle vit son chauffeur arriver, je file.
La nounou de Janie sortit aussitôt de la cuisine et passa son bras autour des épaules de la fillette. Eliza remercia une fois de plus la providence. Mme Garcia avait elle aussi réchappé aux ravisseurs. Une chance que le FBI ait pu intervenir à temps et que toutes deux s’en soient tirées saines et sauves.
— On va passer un bon moment toutes les deux. Et si on en profitait pour préparer des brownies ?
— Je ne rentrerai pas tard, promit Eliza en enfilant son manteau.
Janie se précipita alors vers elle et agrippa le bas de sa robe.
— Que se passe-t-il, ma puce ? s’enquit Eliza, qui regrettait déjà d’avoir accepté cette invitation.
Valentina Wheelock s’était montrée si insistante qu’Eliza n’avait pas pu refuser de participer à leur fête. Et leur propriété, située au cœur de Tuxedo Park, n’était qu’à vingt minutes en voiture de Ho-Ho-Kus. Mais devant l’air perdu de sa fille, elle regretta son choix.
— Qu’y a-t-il, ma chérie ? lui demanda-t-elle en s’agenouillant pour être à sa hauteur.
— Ça veut dire quoi le repentir ?
— Pardon ?
— Oui, tout à l’heure tu as dit que saint François prônait le repentir ? Ça veut dire quoi, repentir ?
— Ah, la repentance, ma chérie, c’est faire en sorte de réparer les erreurs qu’on a pu commettre, lui répondit Eliza, soulagée que sa fille soit préoccupée par une question de vocabulaire plutôt que par son absence.
— Mais quel genre d’erreurs ? insista la fillette.
— Des fautes graves, des péchés…
*2*
Il fallait que tout soit parfait, ce soir. Vincent Wheelock descendit les marches en marbre de l’imposant escalier en colimaçon qui desservait les étages de la maison de maître. Au rez-de-chaussée, les employés du traiteur s’affairaient dans la grande salle à manger, afin que tout soit prêt quand arriveraient les premiers invités. De magnifiques bouquets d’orchidées provenant de la serre étaient disposés sur la longue table qui servirait de buffet, au milieu de rutilants chauffe-plats en argent. Vincent emprunta la longue galerie voûtée qui menait au grand salon. Il se dirigea vers l’immense cheminée, dont il caressa le manteau en bois poli, admirant les fines ciselures des artistes qui l’avaient sculpté. Quatre cubes en bois avaient été incrustés dans le manteau de la cheminée ; sur chacun d’eux avait été gravée une lettre majuscule afin que le mot ROME se détache majestueusement. Un hommage de Vincent à la ville qu’il chérissait. Il s’assit dans un fauteuil et observa la pièce, repensant aux événements passés qui avaient mené à cette soirée : des mois à concevoir les plans, les nombreux voyages en Italie pour sélectionner avec soin les matériaux qui seraient ensuite acheminés aux États-Unis par containers. Vincent avait planifié et conçu chaque détail afin que les éléments de son puzzle s’emboîtent à la perfection. Les travaux de rénovation et d’aménagement avaient demandé l’aide de toute une équipe de professionnels : architecte, charpentiers, maçons, plombiers, électriciens et paysagistes. Vincent avait coordonné et supervisé le travail de chacun. Mais le résultat en valait la peine. Pentimento était une demeure unique, qui conservait le charme et le caractère de l’ancien, tout en offrant les avantages du confort moderne.
La propriété ne s’était pas toujours appelée Pentimento. Chacun, au sein du parc privé, la connaissait sous le nom de la maison des Abbate. Valentina y avait grandi et n’avait pas compris la lubie de son mari, quand ce dernier avait décidé de la rebaptiser une fois les travaux d’embellissement achevés. Mais elle ne s’était pas opposée à son souhait. « Le mot pentimento ne désigne-t-il pas, en italien, l’altération d’une peinture laissant apparaître les traces d’une œuvre antérieure, montrant ainsi que l’artiste a changé d’idée en cours de route ? Qu’est-ce que cela a à voir avec notre maison ? », lui avait-elle pourtant demandé. « Le cours qu’a pris ma vie n’est peut-être pas le bon, très chère, lui avait-il mystérieusement répondu. Il me faut le modifier. Et la fi n des travaux marque ce nouveau point de départ. » Valentina s’était contentée de hausser les épaules sans lui réclamer plus d’explications. Et Vincent en avait déduit que son épouse avait trouvé plus simple et plus sûr de ne pas le presser de questions. Après trente-cinq ans de mariage et une brillante carrière politique, largement orchestrée en coulisses par Vincent, Valentina semblait satisfaite de son existence et n’avait nulle envie de quelconques changements – à part peut-être se débarrasser des oiseaux qui hurlaient dans la volière, une lubie dont il n’avait voulu démordre. La volière, tout comme la plupart des transformations effectuées à Pentimento, lui avait été inspirée par saint François. En observant les magnifiques fresques de Giotto couvrant les murs de la basilique d’Assise, qui retracent la vie du
saint, Vincent était tombé en admiration devant celle où l’on voyait François adresser son prêche aux nombreux oiseaux massés au pied d’un arbre, le long d’une route italienne.
Aimantés par la puissance de sa voix, les oiseaux semblaient l’écouter avec attention. Et lui, sans doute, de leur rappeler qu’ils étaient des créatures de Dieu, à qui Il avait tout donné – des lacs et des rivières pour étancher leur soif, des arbres pour y construire leurs nids, des montagnes et des vallées pour y trouver leur nourriture – et qui devaient sans cesse remercier et prier ce Créateur à qui ils devaient tout. Vincent s’était demandé si cet épisode avait réellement existé ou s’il appartenait juste à la légende. Quoi qu’il en fût, c’est en observant cette fresque qu’il s’était décidé à entreprendre ce qui devait l’être. Il n’était pas certain d’avoir toujours œuvré dans le sens voulu par Dieu. Il était même sûr d’avoir commis des actes qu’Il aurait condamnés. Il était à présent l’heure d’expier ses fautes et, si possible, de se racheter pour tous les forfaits commis. Il faudrait aussi veiller à ce que justice soit rendue… Pentimento est issu de pentire, le mot italien qui désigne le repentir. L’heure de la repentance avait à présent sonné. Mais, avant cela, il lui fallait cacher la caméra vidéo. La dernière pièce de son puzzle.
*3*
Alors que le soleil disparaissait derrière le mont Ramapo, l’homme qui se tenait dans la guérite en pierre se pencha en avant vers la vitre baissée et se tordit le cou pour apercevoir l’occupante assise sur la banquette arrière.
— Eliza Blake est l’invitée des Wheelock, l’informa le chauffeur.
Le gardien du parc privé fit en sorte de n’exprimer aucune émotion particulière. Même avec la lumière déclinante, Eliza était parfaitement reconnaissable avec ses beaux yeux bleus, son nez fi n et ses cheveux foncés qui tombaient sur ses épaules. L’homme de la sécurité eut un pincement au cœur quand Eliza lui adressa son plus beau sourire, celui qu’elle lui avait déjà adressé des centaines de fois depuis le petit écran.
— Bonsoir, lui dit-elle.
— Bonne soirée, madame, lui répondit-il.
S’il fut un instant tenté de lui dire qu’elle était sa journaliste préférée, il n’en fi t rien. Il aurait pourtant aimé lui dire qu’il était l’un de ses plus grands admirateurs, que selon lui elle était la meilleure présentatrice des matinales d’informations, qu’il appréciait son point de vue sur l’actualité, qu’il aimait tout simplement qu’elle lui tienne compagnie chaque matin tandis qu’il avalait sa première tasse de café… Mais il se devait de rester à sa place et ce n’était pas à lui d’engager la conversation avec les habitants de Tuxedo Park ou avec leurs invités. On lui avait bien fait comprendre, quand on l’avait embauché, que son job se limitait à filtrer les entrées afin que tous les importuns qui n’avaient rien à faire à Tuxedo Park n’en franchissent pas les barrières. Il fallait qu’il se montre en toutes circonstances professionnel, poli et discret, surtout. Après avoir vérifié que le nom d’Eliza Blake figurait bien sur sa liste, il indiqua au chauffeur la direction à suivre, puis appuya sur le bouton pour relever la barrière. Il regarda ensuite la voiture s’éloigner vers le sommet de la colline.
*4*
Quand Vincent eut achevé son tout dernier préparatif, il trouva sa femme au pied de l’imposant escalier. Valentina sembla soulagée de le voir.
— Où étais-tu passé ? Ça fait un moment que je te cherche. Nos invités vont arriver d’une minute à l’autre…
— J’avais un dernier détail à régler. Ce soir, tout doit se dérouler à la perfection. Et tout se déroulera suivant le plan que j’ai imaginé. Sa femme se dirigea vers lui et redressa sa cravate.
— Tu parles comme si nous préparions une campagne électorale, pas comme si nous nous apprêtions à accueillir nos hôtes. Il l’observa longuement, étudia chaque détail de son visage, pour s’en imprégner et les conserver en mémoire.
— Qu’y a-t-il, Vincent ? Pourquoi me regardes-tu de la sorte ? J’ai du rouge à lèvres sur les dents ?
— Non, ma chérie. Tout est absolument parfait. Tu es resplendissante et cette robe de velours noir te va à merveille. Je repensais juste au long voyage que nous avons fait côte à côte, et à la chance qui fut la mienne de toujours t’avoir près de moi.
— Ça n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, lui répondit-elle en souriant. Nous avons même traversé quelques périodes agitées…
— Je n’ai rien oublié.
Valentina se retourna et lui demanda de bien vouloir remonter la fermeture éclair de sa robe. Vincent déglutit en apercevant la peau fi ne et diaphane de sa nuque. Il allait l’abandonner, la laisser seule, vulnérable et sans protection. Mais il ne devait pas flancher, il fallait au contraire qu’il se montre déterminé.
— J’ai toujours fait en sorte de te protéger, Valentina, murmura-t-il. Mais un jour il nous faut affronter le passé. Tôt ou tard…
— Je croyais que nous nous étions mis d’accord pour ne plus jamais évoquer cela, lui dit-elle en le regardant dans les yeux.
— Ne plus parler de quoi ? l’interrogea Vincent. Il y a tellement de sujets que nous avons enterrés ! Sans compter ceux dont tu n’as jamais eu connaissance…

Parlons de l'auteur:
Mary Jane Clark est l’auteure de treize romans publiés aux éditions de l’Archipel – de Puis-je vous dire un secret ? (1999) à L’Été de toutes les peurs (2011). L’ex-belle-fille de Mary Higgins Clark vit dans le New Jersey, sur la côte Est des États-Unis. Productrice au bureau new-yorkais de la chaîne d’information CBS News, elle a l’habitude de situer ses intrigues dans le milieu de la télévision, un univers qu’elle connaît à la perfection.
Son blog
Sa page Facebook

Bibliographie:
♦Vengeance par procuration
♦Danse pour moi
♦Vous promettez de ne rien dire ?
♦L’été de toutes les peurs
♦Cache-toi si tu peux
♦Vous ne devinerez jamais
♦Nulle part où aller
♦Quand se lève le jour
♦Nul ne saura
♦Morts en coulisses
♦Si près de vous
♦Puis-je vous dire un secret ? Vous promettez de ne rien dire ? Nul ne saura
♦Vous ne Devinerez Jamais !

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