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mercredi 17 août 2016

En attendant Bojangles (♥♥♥♥½) écrit par Olivier Bourdeaut - Éditions Finitude

Titre: En attendant Bojangles
Auteur: Olivier Bourdeaut
Genre: Contemporain
Nombre de pages: 160
Date de sortie: 07/01/2016
Prix du livre papier: 15€50
Prix du livre numérique: 9€99
ISBN: 978-2-36339-063-9
Editions: Finitude

Synopsis:
Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.


Mon avis:
Un excellent premier roman. À lire !

Ma note:
Le style de l'auteur : 4.50/5
Les personnages : 4.25/5
L'intrigue : 4.75/5

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Informations:
Prix littéraires :
♦Grand Prix RTL / Lire
♦Le Roman des étudiants France Culture / Télérama
♦Prix roman France Télévisions
♦Prix Emmanuel-Roblès
♦Prix de l’Académie de Bretagne

Les plus, les moins :
+La plume de l'auteur
+Le fond de l'histoire
+L'émotion des dernières pages
-Je cherche, je cherche... je ne trouve pas ;)

Mes ressentis:
J'ai découvert En attendant Bojangles chez ma libraire qui l'avait classé dans ses romans "coups de cœur du moment", ce qui a de suite attisé ma curiosité ! Sa couverture très sensuelle, son titre mystérieux et le petit post-it dithyrambique collé sur le livre m'ont tous les trois donné envie de tourner les premières pages et de me plonger pleinement dans l'univers de ce nouvel auteur : Olivier Bourdeaut. Je n'ai pas été déçue du voyage ! Si les premiers chapitres m'ont laissé perplexe, j'ai, au fur et à mesure de mon avancée pris plaisir à parcourir la plume singulière de l'écrivain. Son style est particulier, c'est vrai, mais très poétique et l'émotion qui émane de ce récit est particulièrement plaisante. J'ai fait la connaissance de Georges et de sa femme Liberty, Joséphine, Clara, Renée... (non ce n'est pas une blague !) cette femme étonnante change de prénom tous les jours au gré de ses humeurs et de ses envies. Les deux hommes de sa vie (son mari et son fils) vivent un quotidien très coloré, inattendu et surprenant ! Ce trio s'aime d'un amour fort et inconditionnel, et c'est autour de cet amour fou que tourne l'histoire. Chaque jour est une fête dans cette famille, nous nous laissons bercer par ce texte sur fond musical où le disque de Nina Simone "Mr Bojangles" tourne sans discontinuer durant les 150 pages.
Vous vous imaginez bien que derrière ce texte rocambolesque se cache une question existentielle :
Jusqu'où sommes-nous prêts à aller par amour ?
Il faut savoir lire entre les lignes pour trouver la réponse et comprendre toute la subtilité de ce texte, c'est beau et bon. Le coup de cœur n'était vraiment pas loin pour moi, il m'a manqué un petit quelque chose, mais j'ai vraiment passé un excellent moment.
► En bref, voici un roman pas comme les autres ! Un livre vraiment à part, étonnant, décalé, loufoque, fantaisiste, touchant... J'ai beaucoup aimé ce récit court et poignant qui ne m'a pas laissée indifférente. Un premier roman réussi que je garde dans un petit coin de ma tête et de mon cœur.


Les premières lignes:
-1-
Mon père m’avait dit qu’avant ma naissance, son métier c’était de chasser les mouches avec un harpon. Il m’avait montré le harpon et une mouche écrasée.
— J’ai arrêté car c’était très difficile et très mal payé, m’avait-il affirmé en rangeant son ancien matériel de travail dans un coffret laqué. Maintenant j’ouvre des garages, il faut beaucoup travailler mais c’est très bien payé. À la rentrée des classes, lorsqu’aux premières heures on fait les présentations, j’avais parlé, non sans fierté, de ses métiers mais je m’étais fait gentiment gourmander et copieusement moqué.
— La vérité est mal payée, pour une fois qu’elle était drôle comme un mensonge, avais-je déploré.
En réalité, mon père était un homme de loi.
— C’est la loi qui nous fait manger ! s’esclaffait-il en bourrant sa pipe.
Il n’était ni juge, ni député, ni notaire, ni avocat, il n’était rien de tout ça. Son activité, c’était grâce à son ami sénateur qu’il pouvait l’exercer. Tenu informé à la source des nouvelles dispositions législatives, il s’était engouffré dans une nouvelle profession créée de toutes pièces par le sénateur. Nouvelles normes, nouveau métier. C’est ainsi qu’il devint « ouvreur de garages ». Pour assurer un parc automobile sécurisé et sain, le sénateur avait décidé d’imposer un contrôle technique à tout le monde. Ainsi, les propriétaires de tacots, de limousines, d’utilitaires et de guimbardes en tout genre devaient faire passer une visite médicale à leur véhicule pour éviter les accidents. Riche ou pauvre, tout le monde devait s’y plier. Alors forcément, comme c’était obligatoire, mon père facturait cher, très cher. Il facturait l’aller et le retour, visite et contre-visite, et d’après ses éclats de rire c’était très bien comme ça.
— Je sauve des vies, je sauve des vies ! riait-il le nez plongé dans ses relevés bancaires.
À cette époque, sauver des vies rapportait beaucoup d’argent. Après avoir ouvert énormément de garages, il les vendit à un concurrent, ce qui fut un soulagement pour Maman qui n’aimait pas trop qu’il sauve des vies, car pour cela il travaillait beaucoup, et nous ne le voyions quasiment jamais.
— Je travaille tard pour pouvoir m’arrêter tôt, lui répondait-il, ce que j’avais du mal à comprendre.
Je ne comprenais pas souvent mon père. Je le compris un peu plus au fil des ans, mais pas totalement. Et c’était bien ainsi.
Il m’avait dit qu’il était né avec, mais j’ai très vite su que l’encoche cendrée, légèrement boursouflée à droite de sa lèvre inférieure, qui lui donnait un beau sourire un peu tordu, était due à une pratique assidue de la pipe. Sa coupe de cheveux, avec sa raie au milieu et des vaguelettes de chaque côté, me faisait penser à la coiffure du cavalier prussien qui était sur le tableau dans l’entrée. À part le
Prussien et lui, je n’ai jamais vu qui que ce soit coiffé comme ça. Les orbites de ses yeux légèrement creuses et ses yeux bleus légèrement globuleux lui donnaient un regard curieux. Profond et roulant. À cette époque, je l’ai toujours vu heureux, d’ailleurs il répétait souvent :
— Je suis un imbécile heureux !
Ce à quoi ma mère lui répondait :
— Nous vous croyons sur parole Georges, nous vous croyons sur parole !
Tout le temps il chantonnait, mal. Parfois il sifflotait, tout aussi mal, mais comme tout ce qui est fait de bon cœur c’était supportable. Il racontait de belles histoires et, les rares fois où il n’y avait pas d’invités, il venait plier son grand corps sec sur mon lit pour m’endormir. D’un roulement d’œil, d’une forêt, d’un chevreuil, d’un farfadet, d’un cercueil, il chassait tout mon sommeil. Le plus
souvent, je finissais hilare en sautant sur mon lit ou caché pétrifié derrière les rideaux.
— Ce sont des histoires à dormir debout, disait-il avant de quitter ma chambre.
Et là encore on pouvait le croire sur parole. Le dimanche après-midi, pour chasser tous les excès de la semaine, il faisait de la musculation. Face au grand miroir encadré de dorures et surmonté d’un grand nœud majestueux, torse nu et la pipe au bec, il remuait de minuscules haltères en écoutant du jazz. Il appelait ça « le gym tonic » car parfois il s’arrêtait pour boire son gin tonic à grandes gorgées et déclarait à ma mère :
— Vous devriez essayer le sport, Marguerite, je vous assure, c’est drôle et on se sent beaucoup mieux après !
Ce à quoi ma mère lui répondait, qui essayait, la langue coincée entre les dents et un œil fermé, de piquer l’olive de son martini avec un parasol miniature :
— Vous devriez essayer le jus d’orange Georges, et je vous assure que vous trouveriez le sport beaucoup moins marrant après ! Et soyez gentil, cessez de m’appeler Marguerite, choisissez-moi un nouveau prénom, sinon je vais me mettre à meugler comme une génisse !

Quelques mots sur Olivier Bourdeaut:
Olivier Bourdeaut
Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. L’Education Nationale, refusant de comprendre ce qu’il voulait apprendre, lui rendit très vite sa liberté. Dès lors, grâce à l’absence lumineuse de télévision chez lui, il put lire beaucoup et rêvasser énormément.
Durant dix ans il  travailla dans l’immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant.  Puis, pendant deux ans, il devint responsable d’une agence d’experts en plomb, responsable d’une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires – un comble – et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres.
Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.

Olivier Bourdeaut à La grande librairie:

Bonus : Fabrice Luchini lit En attendant Bojangles, d'Olivier Bourdeaut :

Quelques liens indispensables:
♦Site des Éditions Finitude

Et pour finir...
Nina Simone - Mr Bojangles

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